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AlmaLinux : l’OS d’entreprise communautaire qui a succédé à CentOS

Pourquoi AlmaLinux existe

Quand Red Hat a réorienté CentOS vers CentOS Stream fin 2020, une partie de l’écosystème a cherché une base serveur gratuite, stable et pérenne. C’est dans ce vide qu’est né AlmaLinux, porté par l’AlmaLinux OS Foundation, une organisation à but non lucratif, pour fournir un système de grade entreprise sans inscription ni frais. 

Un positionnement assumé : compatibilité ABI plutôt que “copie 1:1”

En 2023, après les changements d’accès au code de RHEL, AlmaLinux a abandonné l’objectif d’être un clone binaire “1:1” et s’est engagé sur une compatibilité ABI (Application Binary Interface). En pratique : vos applications et pilotes certifiés RHEL continuent de fonctionner, tout en gardant la liberté de corriger plus vite, intégrer des patchs de sécurité ou backporter si nécessaire. 

Gouvernance et modèle

AlmaLinux est géré par une fondation indépendante (statut 501(c)(6)) avec un conseil d’administration élu, des statuts publics et un code d’éthique. Objectif : transparence, pérennité et neutralité vis-à-vis des vendeurs.

Releases, support et architectures

  • Branches 8/9/10 : publication régulière alignée sur le cadence RHEL, avec notes de version et errata publics.

  • Support AlmaLinux 9 : support actif jusqu’au 31 mai 2027, sécurité jusqu’au 31 mai 2032 (calé sur RHEL 9).

  • AlmaLinux 10 est désormais disponible (et 10.1 en bêta au moment d’écrire ces lignes).

  • Architectures : x86_64, x86_64_v2, aarch64, ppc64le, s390x.
    Ces informations permettent de planifier sereinement les cycles de vie serveurs.

Outils différenciants

  • ALBS (AlmaLinux Build System) : chaîne de build ouverte et reproductible, gage d’auditabilité pour les entreprises.

  • ELevate : outil d’upgrade “inter-majeure” (p. ex. CentOS 7 → AlmaLinux 8 → 9 → 10 par étapes), utile pour moderniser des parcs sans réinstaller.

AlmaLinux vs. Rocky Linux (en deux phrases)

Les deux visent la compatibilité RHEL et la stabilité entreprise. La différence de philosophie depuis 2023 : AlmaLinux privilégie la compatibilité ABI (plus de souplesse de maintenance), tandis que Rocky revendique rester au plus près de RHEL “1:1”. À choisir selon vos contraintes de conformité/validation.

Cas d’usage typiques

  • Infrastructure on-prem et cloud (KVM, VMware, Proxmox, bare-metal, hyperscalers).

  • Middleware & bases de données (PostgreSQL, MariaDB, Nginx/Apache, etc.) nécessitant stabilité et longue durée de support.

  • Environnements réglementés qui demandent des cycles de vie prévisibles, publication d’errata et gouvernance ouverte. (Voir fondation/transparence.)

Installation express (vue d’ensemble)

  1. Téléchargez l’ISO “Minimal” ou “DVD” depuis le miroir officiel. 

  2. Installation Anaconda classique : partitionnement, réseau, utilisateurs, sélection de paquets.

  3. Après premier boot, appliquez les mises à jour :

sudo dnf -y upgrade
sudo dnf install -y epel-release
  1. Figez/graduez vos nœuds selon votre politique (ex. dnf-automatic, repo pinning). (Références : site & release notes.)

Migration : points d’attention

  • De CentOS 7 : passez par ELevate en plusieurs sauts (7→8→9→10). Testez vos services et SELinux policies dans un bac à sable avant l’upgrade.

  • De RHEL : la compatibilité ABI conserve le fonctionnement applicatif ; validez néanmoins vos modules kernel tiers et pilotes. 

Avantages et limites (résumé honnête)

Atouts

  • Gratuit, gouvernance communautaire, cycle de vie long, outillage de migration, architectures variées.

  • Compatibilité applicative RHEL et latitude pour corriger plus vite. 

À considérer

  • Si votre conformité impose le miroir exact d’un environnement RHEL, comparez avec une approche “1:1”.

  • Les upgrades majeures automatisées (ELevate) restent des projets d’infra : sauvegardes et tests sont indispensables. 

En conclusion

AlmaLinux s’est imposé comme distro d’entreprise fiable, gouvernée par sa communauté, avec une compatibilité RHEL pragmatique et des outils concrets pour maintenir et moderniser les parcs (ALBS, ELevate). Pour les DSI et ingénieurs système, c’est une base solide pour standardiser des workloads critiques sans coûts de licence — tout en gardant une trajectoire de support lisible jusqu’en 2032 pour AlmaLinux 9, et la nouvelle génération AlmaLinux 10 déjà en piste. 

 
 
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